le projet
Simulations
Il ne suffit pas de disposer de l’information brute sur le Dufaux 4 pour le reproduire. Il faut également interpréter et recréer le contexte technologique et aéronautique particulier du début du 20e siècle.
Pour assurer le succès du projet, une analyse détaillée de l’information issue des travaux de documentation s’impose. C’est dans cette phase que l’expression reverse engineering prend toute sa signification. Une étape fondamentale est l’analyse des matériaux et des processus de façonnage employés dans la construction de l’avion, ainsi que l’identification de l’outillage et de ses techniques d’utilisation.
D’autres techniques, comme la spectrométrie laser et à rayons X pour l’analyse des métaux, la dendrochronologie pour l’étude du bois, la récupération des procédés de couture et de collage de l’entoilage sont également en cours de réalisation.
Un autre aspect décisif du processus d’analyse est la simulation. Vu notre incapacité à reproduire le chemin complet qui a amené les frères Dufaux à choisir pour leur avion une solution technologique donnée (la technique par essais-erreurs), le projet met en jeu le savoir-faire du laboratoire de simulation numérique le plus expérimenté du pays: le LIN - Laboratoire d’ingénierie numérique de l’EPFL (Alinghi, Hydroptère, SmartFish, etc.). Des écoles d’ingénieurs participent également à cette phase: la heig-vd, l’Ecole d’ingénieurs ARC, l’Ecole d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg et la HES hepia de Genève.
De la simulation aérodynamique des profils alaires aux calculs des contraintes de la structure, en passant par la dynamique des fluides du moteur, la tâche est inédite et d’une complexité remarquable.
L’analyse du moteur constitue également un défi technologique majeur. Les travaux d’analyse de la documentation et la simulation numérique du moteur vont nous permettre de détecter ses faiblesses et d’exécuter un travail de re-engineering, afin de les corriger.
L’ensemble de ces analyses fournira les plans définitifs de construction de chaque pièce et partie de l’avion et du moteur.

Babak Hejazi Alhosseini (à droite), étudiant de l’EPFL dans la Section génie mécanique, réalise des simulations sur la dynamique des fluides du moteur Gnome dans le cadre de sa formation d’ingénieur au LIN sous la supervision du professeur Mark Sawley (à gauche).
