le fauX DufauX, le Prix Perrot Duval 1910 - 2010


études - historiques


Histoire technique

Une fausse croyance, ancrée dans l’imaginaire collectif depuis la fin du 18e siècle, s’obstine à présenter les pionniers de l’aviation comme des romantiques dépourvus de connaissances techniques ou des bricoleurs géniaux prêts à mourir pour inscrire leur nom dans l’histoire. En somme, les pionniers de l’aviation n’auraient été qu’une bande de casse-cou, de saltimbanques, d’aventuriers. Rien de plus faux.

Plusieurs siècles avant la construction des premiers engins volants, des théoriciens, notamment dans le domaine des mathématiques et de la mécanique, avaient délimité assez clairement le cadre de la physique appliquée à l’aéronautique. Icare fut alors rangé définitivement dans le tiroir des mythes.
Ce cadre théorique, encore valable de nos jours, a été le point de départ des études et analyses pratiques menées patiemment par des générations de pionniers, avec plus ou moins d’inspiration et surtout, plus ou moins de moyens. L’histoire ne garde aucun souvenir d’un pionnier qui aurait réussi à construire un engin capable de voler sans un travail préalable méthodique étalé sur plusieurs années, et sans avoir dépensé une fortune en chemin.
Ceux qui ont réussi, les pionniers dont on garde le souvenir et les engins qu’ils ont construits, sont ceux qui, pendant leurs années d’essais, n’ont pas fait faillite et ne se sont pas tués prématurément aux commandes de leur engin.
Henri et Armand Dufaux s’inscrivent dans cette tradition de théoriciens constructeurs pilotes, bien inspirés et assez fortunés, qui ont contribué à la maîtrise de l’air.